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L'HOMME DANS LA CITE


1958

 

Pourvu que nous vienne un homme

Aux portes de la cité

Que l'amour soit son royaume

Et l'espoir son invité

Et qu'il soit pareil aux arbres

Que mon père avait plantés

Fiers et nobles comme soir d'été

Et que les rires d'enfants

Qui lui tintent dans la tête

L'éclaboussent de reflets de fête

 

Pourvu que nous vienne un homme

Aux portes de la cité

Que son regard soit un psaume

Fait de soleils éclatés

Qu'il ne s'agenouille pas

Devant tout l'or d'un seigneur

Mais parfois pour cueillir une fleur

Et qu'il chasse de la main

A jamais et pour toujours

Les solutions qui seraient sans amour

 

Pourvu que nous vienne un homme

Aux portes de la cité

Et qui ne soit pas un baume

Mais une force une clarté

Et que sa colère soit juste

Jeune et belle comme l'orage

Qu'il ne soit jamais ni vieux ni sage

Et qu'il rechasse du temple

L'écrivain sans opinion

Marchand de rien marchand d'émotion

 

Pourvu que nous vienne un homme

Aux portes de la cité

Avant que les autres hommes

Qui vivent dans la cité

Humiliés d'espoirs meurtris

Et lourds de leur colère froide

Ne dressent aux creux des nuits

De nouvelles barricades.