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LA VILLE S'ENDORMAIT


1977

 

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

Sur le fleuve en amont

Un coin de ciel brûlait

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

 

Et la nuit peu à peu

Et le temps arrêté

Et mon cheval boueux

Et mon corps fatigué

Et la nuit bleu à bleu

Et l'eau d'une fontaine

Et quelques cris de haine

Versés par quelques vieux

Sur de plus vieilles qu'eux

Dont le corps s'ensommeille

 

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

Sur le fleuve en amont

Un coin de ciel brûlait

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

 

Et mon cheval qui boit

Et moi qui le regarde

Et ma soif qui prend garde

Qu'elle ne se voie pas

Et la fontaine chante

Et la fatigue plante

 

Son couteau dans mes reins

Et je fais celui-là

Oui est son souverain

On m'attend quelque part

Comme on attend le roi

Mais on ne m'attend point

Je sais depuis déjà

Oue l'on meurt de hasard

En allongeant le pas

 

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

Sur le fleuve en amont

Un coin de ciel brûlait

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

 

Il est vrai que parfois

Près du soir les oiseaux

Ressemblent à des vagues

Et les vagues aux oiseaux

Et les hommes aux rires

Et les rires aux sanglots

Il est vrai que souvent

La mer se désenchante

Je veux dire en cela

Qu'elle chante d'autres chants

Que ceux que la mer chante

Dans les livres d'enfants

 

Mais les femmes toujours

Ne ressemblent qu'aux femmes

Et d'entre elles les connes

Ne ressemblent qu'aux connes

Et je ne suis pas bien sûr

Comme chante un certain

Qu'elles soient l'avenir de l'homme

 

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

Sur le fleuve en amont

Un coin de ciel brûlait

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

 

Et vous êtes passée

Demoiselle inconnue

A deux doigts d'être nue

Sous le lin qui dansait.